Showing posts with label belonging. Show all posts
Showing posts with label belonging. Show all posts

Here on this island...

[...] Here there is time; time to be quiet; time to work without pressure; time to think; time to watch the heron, watching with frozen patience for his prey. Time to look at the stars or to study a shell; time to see friends, to gossip, to laugh, to talk. Time, even, not to talk. At home, when I meet my friends in those cubby-holed hours, time is so precious we feel we must cram every available instant with conversation. We cannot afford the luxury of silence. Here on the island I find I can sit with a friend without talking, sharing the day's last sliver of pale green light on the horizon, or the whorls in a small white shell, or the dark scar left in a dazzling night sky by a shooting star. Then communication becomes communion and one is nourished as one never is by words.

Anne Morrow Lindberg, Gift from the Sea, p115-116 (Vintage Books, March 1978)

Belonging - to the land

In the days of the white settlement the natives of North America found ownership of land an incomprehensible concept. And so they lost it when the Europeans made them sign pieces of paper that were equally incomprehensible to them. They felt they belonged to the land, but the land did not belong to them. [emphasis added]

Eckhart Tolle, A New Earth, p44 (Penguin Books 2009)

The tenderness of life...

"[...] 

The tenderness of life is preserved on islands of temporary calm. And today I find that a rather daring, albeit inexplicable, thought. [...] "

Excerpt from the war diary of
Yevgenia Belorusets, www.isolarii.com/kyiv: Islands of Temporary Calm, Tuesday, March 29, day 34

'Yevgenia Belorusets has been one of the great documentarians of Russia’s war against Ukraine since 2014, winning the International Literature Prize for her work. Her diary provides the news from a different vantage.' 

German (Der Spiegel)

little gaps of solitude and silence

[...] "we’re riddled with pointless talk, insane quantities of words and images. [...]  the challenge is to search for “little gaps of solitude and silence in which [to] find … the rare, and even rarer thing that might be worth saying”. Gilles Deleuze (Pourparlers / Negotiations)

from an article about Jenny Odell

Große Wasser

An einem großen Wasser fühlt man sich freier als sonst, einfach nur, weil das große Wasser da ist. Das große Wasser verscheucht die ewigen kleinen Gedanken und das Drandenken an dies und das und sagt einem, dass man einmal still und ruhig werden soll. Man wird plötzlich ganz "spiegelglatt", ich meine im Innern. Und man atmet ganz ruhig und spürt die Luft vom Wasser her, wie sie das Gesicht kühlt und dafür sorgt, dass die Sonne sich einbrennen kann in das Gesicht. 

Ortheil, Die Berlinreise, p 109 (Luchterhand 2014)

nature

[...] Just by looking at nature, I feel as if I'm being swallowed up into it, and in that moment I get the sensation that my body's now a speck, a speck from long before I was born, a speck that is melting into nature herself. This sensation is so amazing that I forget that I'm a human being, and one with special needs to boot.

Nature calms me down when I'm furious, and laughs with me when I'm happy. You may think that it's not possible that nature could be a friend, not really. But human beings are part of the animal kingdom too, and perhaps us people with autism still have some left over awareness of this, buried somewhere deep down. I'll always cherish the part of me that thinks of nature as a friend.
Naoki Higashida, The Reason I Jump: one boy's voice from the silence of autism, Q47 p123, (Sceptre 2014), translated by David Mitchell & Keiko Yoshida

the "normal" paradox

[...] I think in many ways that we autistic are the normal ones, and the rest of the people are pretty strange [...] 
Greta Thunberg, TEDxStockholm, 2:34

connectivity

[...] Permanent connectivity isn’t my thing; I have always needed moments of quiet solitude for myself. There’s a Chinese poem from the Tang dynasty about someone describing a boat journey along the Yellow River and leaving his friend behind, a monk on a mountain, in the knowledge that they probably won’t see each other or have any contact for years. This man’s return, decades later, has an indescribable substance and depth. Compare this to standing in line at the airport, chatting on your cellphone to your loved one, who is waiting in the car park. [...]

[...] As for "social networks", mine has forever been my kitchen table, where I cook for no more than four or five friends.
Werner Herzog, A Guide for the Perplexed, Conversations with Paul Cronin, p251 (Faber & Faber 2014)

Petit prince - et le renard

C'est alors qu'apparut le renard.
-Bonjour, dit le renard.      [scroll down for english translation]
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se tourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
-Qui es-tu? dit le petit prince. Tu es bien joli...
-Je suis un renard, dit le renard.
-Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
-Ah! Pardon, fit le petit prince.
Mais après réflexion, il ajouta :
-Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
-Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?
-Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
-Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Il élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?
-Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "Créer des liens..."
-Créer des liens?
-Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
-Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur...je crois qu'elle m'a apprivoisé...
-C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...
-Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué :
-Sur une autre planète ?
-Oui.
-Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?
-Non.
-Ça, c'est intéressant! Et des poules ?
-Non.
-Rien n'est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
-Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu a des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'aura apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
-S'il te plaît...apprivoise-moi! dit-il.
-Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
-On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Il achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
-Que faut-il faire? dit le petit prince.
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrira le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur...il faut des rites.
-Qu'est-ce qu'un rite? dit le petit prince.
-C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
-Ah! dit le renard...je pleurerai.
-C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
-Bien sûr, dit le renard.
-Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.
-Bien sûr, dit le renard.
-Alors tu n'y gagnes rien!
-J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses.
-Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
-Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.
Et il revint vers le renard: -Adieu, dit-il...
-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.


-L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
-C'est le temps que tu a perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
-C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose...fit le petit prince, afin de se souvenir.
-Les hommes on oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
-Je suis responsable de ma rose...répéta le petit prince, afin de se souvenir.
Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, 1943, CHAPITRE XXI, source

English translation

Die Fremde meine Heimat

Immer von neuem sterben
und auferstehn

Die Fremde meine Heimat
Unbekannte meine Geschwister

Ich bin eine Tote
die lebt
und das Leben liebt

Rose Ausländer (1901 - 1988)

English:
Dying time after time
and rising again

Foreign parts my home
Strangers my brothers and sisters

I died
and am alive
in love with life

Part of Pollen of Words